Il est parti... mais toujours pas arrivé

1er décembre 2013. 12h17. Bruxelles-midi (il faut bien un début)

La femme est restée au port et prend le clavier.

Ca y est, notre héros polaire est parti, son baluchon sur le dos (sur la photo ci-dessous, à ses pieds).

Quelques autres kilos de fringues, livres, et diverses choses indispensables (vins et cacahuètes notamment) voguent depuis quelques mois déjà dans des malles embarquées à Brest et devraient l'accueillir lors de son arrivée en terre australe.

Restait le matos précieux (PC, appareils photos, gps, caméra GoPro, et ... quelques derniers slips).

Remarquez l'allure... et cherchez les 7 erreurs avec l'autre gars d'à-côté (Adrien de Gerlache, premier à hiverner en Antarctique, en 1898, à bord de son trois-mâts, "le Belgica" - oui oui, celui-là était belge! - première différence).

3 décembre 2013. vers minuit (heure locale). Hobart-Tasmanie.

Toujours Coralie au clavier, et avec des nouvelles fraîches (qui le seront de plus en plus...)

Le bateau est parti et, oh magie!, on peut le suivre en ligne ici.
Je crois que je vais devenir accro à cette nouvelle série.

Voici un nouveau jeu des 7 différences.
Je suis plutôt confiante sachant qu'en 1898 on pouvait franchir l'océan avec ces planches de bois et ces morceaux de toile.

8 décembre. Déjà 5 jours en mer...

Didier a accès à une boîte mail sur le bateau et m'envoie un bulletin quotidien.

En gros, cela donnait ceci au début: Le bateau roule et tangue, les creux sont de 5 à 6 mètres, le temps est gris, les malades prient pour que tout cela cesse, les autres aussi mais parce qu'ils s'ennuient ferme.
Didier tient le coup.

Dernièrement c'était un peu différent: mer plus clémente, soleil, premier iceberg ("un mur de 40 mètres!"), premiers manchots Adélie, premiers phoques, premier "champs de glaçons", premiers "wouahou!!!".

Mais tout prochainement cela se détériore à nouveau: avis de tempête, bateau immobilisé ... arrivée prévue mercredi... Didier trépigne.

Y'a pas à dire mais le pôle ça se mérite!

13 décembre. 11 jours en mer...

Le temps se fait long...
Hobbart - D'Umont Durville c'est 5 jours, quand toutes les conditions sont réunies.
Or, pour l'instant cela fait 11 jours... et risque de durer encore.

Voici ce que j'en sais:

Comme certains d'entre vous l'ont déjà vu, il ne se passe plus rien sur le site permettant de suivre le parcours du bateau.Cela parce que, depuis 2 jours au moins, l'Astrolabe est stabilisé à environ 60 km de la côte.
Le "pack" (banquise morcelée) est trop dense, trop épais, et le bateau ne parvient pas à le briser malgré des mouvements incessants de marche avant et marche arrière.
L'hélico est allé repérer un éventuel chenal parmi cette glace... mais ... rien... et le temps est trop maussade pour retenter une sortie.
Le bateau doit pourtant se rapprocher d'au moins une vingtaine de kilomètres pour pouvoir envisager un débarquement du personnel et de tout ce qui est utile à la base (équipement, vivres, carburant,...) par rotations en hélico.

Ca devrait ressembler à ceci ci-dessous (mais Didier rectifiera en nous envoyant ses photos à son arrivée):
Et pour plus de (très belles) photos, allez voir le site de ce photographe: ici.

Le capitaine a décidé d'attendre...
Attendre la débâcle pour laisser le bateau se frayer un chemin... Attendre ensuite un temps correct pour laisser l'hélico cumuler les rotations... 
Cela peut prendre du temps...
Ils mangent, lisent, dorment, regardent un film, papotent un peu, remangent, redorment, relisent, repapotent, trient les photos déjà faites, remangent, relisent, repapotent, redorment.... bref, ils tournent en rond.

Sur la base, certains attendent ce fameux bateau, après un an vécu sur place... et, en Tasmanie, des proches attendent qu'arrivent ces hivernants de la TA63... Courage!
Ce sera moi dans un an.... j'espère quand même ne pas devoir fêter Noël toute seule à Hobbart!