Planète DDU

           Voici 3 semaines déjà que nous (la TA64) avons pris nos quartiers à DDU. On se familiarise doucement avec notre nouvel environnement, nos nouveaux locaux, nos espaces privés. Il est grand temps de faire le tour du propriétaire.

 Planete DDU

           Je ne voudrais pas jouer les rabat-joies mais sachez que la première impression que j'ai eu de DDU tient plutôt de l'agression: ce qui frappe au tout début c'est la puanteur ! Car la pollution ça n'est pas que l'affaire des hommes. La base Dumont d'Urville (donc DDU pour ceux qui n'étaient pas là au début) a été construite sur des îlots rocheux et plus particulièrement : l'île des Pétrels. Comme son nom l'indique les premiers habitants des lieux sont des oiseaux, des pétrels certes, mais aussi de très nombreux manchots, répartis en colonies plus ou moins importantes. Il y a fort à parier que la présence humaine dérange dans une certaine mesure cette vie animale. Il n'empêche que certaines bestioles, bon an mal an, se réinstallent et déambulent entre les bâtiments, et donc participent à leur façon à l'activité des techniciens et chercheurs. Ces quelques centaines d'individus font comme tout le monde: pipi-caca partout (là je parle bien des manchots). Bref, ces déjections, particulièrement les jours de grand beau, baignent DDU d'effluves qui ne sont pas des plus agréables et il faut quelques jours pour se faire à ces relents qui prennent à la gorge. Voilà pour l'odeur.
Côté bruit, ces bestiaux sont pour l'instant assez discrets. Ça chante et ça crie pour se reconnaître ou pour engueuler le voisin mais ça n'empêche pas de dormir.

 Plan DDU

           Et puis, il y a donc cette communauté d'humains qui se relaient ici depuis 1956 et qui a construit tout ce qu'il faut pour survivre dans des conditions de confort acceptables.

            Le centre du monde de DDU, c'est le séjour. C'est un bâtiment à peu près carré qui abrite la cuisine, le réfectoire, le bar (pour conserver un esprit gaulois en Antarctique, dixit le préfet des TAAFs), la seule salle fumeur à plus de 1000 km à la ronde, la salle de jeux et de lecture et la salle des machines (à laver). C'est ici qu'on se retrouve aux heures des repas qui sont strictes (les heures, pas les repas), mais également pour la réunion hebdomadaire du lundi matin, pour la séance de cinéma du dimanche soir, pour une partie de billard, de fléchettes ou de baby-foot, pour la lecture d'un Fluide glacial daté de 2002 ou pour boire une grenadine... En face du séjour la DZ sur laquelle se pose l'hélico, présent uniquement l'été.

            La plupart des bâtiments sont reliés entre eux par des passerelles, histoire de sécuriser les allées et venues par jour de (très) grand vent notamment.

            Le « 42 », seul bâtiment à étage, abrite les chambres de tous les hivernants donc notamment la mienne, située au 1er. Ces chambres sont petites mais très fonctionnelles.Chambre On y loge parfois à 2 pendant l'été, mais seul durant les mois d'hiver (de mars à octobre) car la base ne compte alors plus que 25 habitants (55 en ce moment je crois). Ma fenêtre devrait donner sur la mer mais donne encore - ce 7 janvier- sur la banquise. Un paysage essentiellement blanc, les icebergs sont là pour casser la monotonie de l’horizon. Purée quand il fait beau c'est juste magnifique.Chambre

Tout ce qui concerne la santé, le bureau du toubib, l'hôpital, la salle de soins dentaires, etc... a été installé au rez-de-chaussée. Le Dista (chef de DDU) a son bureau tout près de là.
Les douches et toilettes sont communes et la consommation d'eau est particulièrement contrôlée car elle est « fabriquée » (désalinisée) en quantité limitée.

  • En poursuivant sur la passerelle on atteint GéoPhy qui abrite les bureaux des informaticiens, du magne-sismo (j'aurai l'occasion de détailler ces métiers plus tard).
  • A peine plus loin le « BT », pour Bâtiment Technique, abrite le bureau du grand manitou qui coordonne toutes les opérations techniques de l'été notamment.
  • Dans le même bâtiment, la météo, et, à 2 encablures, l'abri d'où sont lancés les ballons-sondes.
  • En repiquant vers le sud on atteint le bâtiment Lidar (étude de l'Ozone) puis la menuiserie et le garage (car il y a des véhicules sur DDU).
  • Presqu'attenant, le magasin général abrite tout un stock de pièces techniques et, plus loin, le bureau des glacios qui, notamment, procèdent à des analyses de l'air.
  • Si on revient sur le séjour et qu'on explore la zone Nord-Est et Est on arrive à un bâtiment essentiel, la centrale, qui produit l’énergie et fournit l’eau potable.
  • A 2 pas, le « Sipo » ateliers des plombiers/électriciens/mépré (j’y viendrai plus tard).
  • Plus bas encore le « Biomar » abrite les labos des chercheurs (zozios/manchots/poissons, etc…).
  • En revenant vers le séjour (encore) on trouve les frigos (+4° et -20°) qui, en fonction de la température extérieure, font plutôt office d’étuves.
  • Entre les deux le « 75 » abrite le local déchets et la salle de sport qu’un jour je connaîtrai sûrement (il y a une erreur sur le plan : la salle de sport et le -20 sont bien 2 bâtiments séparés).

 

            Voilà, disons, pour le centre-ville. Il existe d'autres bâtiments, excentrés, non visibles sur le plan:

  • Le dortoir d'été abrite les chambres des campagnards d'été qui repartiront au plus tard en mars (ce bâtiment est alors fermé)
  • Les restes de la base Marret où ont hiverné les premiers occupants de DDU
  • L'A.G.I. où sont notamment stockées quelques réserves
  • Quelques abris
  • Le hall fusées où je n'ai pas mis les pieds et d'autres que je ne connais pas.

 Vue aérienne, vers l'Est

            Mais DDU c'est aussi un environnement exceptionnel, un jardin fabuleux.

  • Le continent antarctique, une masse immense masse blanche qui dessine l'horizon au sud et au sud-ouest et, posée dessus, à 5km, la base « annexe » de cap Prud'homme.
  • Vers l'Est, le glacier Astrolabe, des montagnes de glace qui s'entrechoquent et se disloquent en chaos.
  • La mer de l'ouest au nord, toujours prise par la banquise et dessus d'immenses icebergs qui n'attendent que la débâcle pour migrer vers les mers plus chaudes.
  • Enfin, au nord-est, moins sexy, la piste du Lion, sur laquelle les avions ne se sont jamais posés.

 Aerienne

C'est ici que je vais passer 12 mois de ma vie. Va falloir s'acclimater à cet environnement hostile, s'intégrer à un groupe de personnes à priori agréables mais faut voir Clin d'œil, et essayer de bosser au mieux avec des méthodes nouvelles.

Voilà qui est bien excitant.

 

Ah, j’oubliais, en position centrale de DDU trône le buste de Paul-Emile Victor, notre père à tous.

Repro pev

Infos photos:

La photo "planète DDU" est un montage réalisé par Erwan Le Gac, Météo TA63. Il a fait quelques vidéos très très sympas mais le débit internet local ne me permet pas de vous les faire partager

Le plan de la base est édité par l'IPEV. Les légendes sont de moi.

La première photo aérienne est une création d'Erwan et de Guillaume Payen (TA62). Les légendes sont de moi.

La seconde photo aérienne je ne sais pas.

La dernière photo est tirée du livret "historique" de la poste de DDU. Philatélistes je suis désolé, ces timbres ne sont plus dispos depuis le 1er janvier.

Ma chambre est un endroit strictement perso, donc les photos sont de moi.

 

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